Le jardin du Luxembourg, les séries en peintures

Mai 2020

Le jardin du Luxembourg, huile 8F 46 x 38 cm

J’aime beaucoup le jardin du Luxembourg. C’est le jardin de l’enfance de ma femme, moi-même, j’y suis allé enfant, étudiant, puis plus tard nous y sommes allés avec enfants puis petits-enfants. Non seulement le jardin est beau, mais il est grand, très fleuri, et c’est un spectacle permanent. On en ressort les chaussures couvertes de la poussière blanche de ses allées sablées. j’ai fait plusieurs peintures de ce jardin.

De plus on peut y jouer aux échecs tous les après-midis, pour moi tentation permanente… Actuellement avec le confinement, je ne peins plus et passe mes journées à jouer aux échecs sur internet avec des joueurs de la terre entière!

Pourquoi peindre plusieurs fois la même chose, par facilité?

Jardin du Luxembourg, huile 15 P 65 x 50 cm

Peindre fréquemment permet de progresser en peinture, et c’est une facilité de reprendre un sujet déjà traité …
Les adeptes du daily painting peignent ainsi souvent les mêmes objets dans leurs natures mortes, les fruits du jour, poires ou clémentines…

Pour traiter différemment le sujet,

Jardin du Luxembourg, huile 15 P (65 x 46 cm)

Après tout, beaucoup de peintres ont pratiqué la série, Cézanne avec ses vues de la montagne Sainte-Victoire, Monet avec ses séries de meules, ou de nymphéas, …Cela correspondait sans doute à une exploration, du sujet dans différentes conditions (différents ensoleillements, différentes saisons…) et sous différents partis pris artistiques.

Pour peut être faire mieux…

Jardin du Luxembourg, le Sénat, huile sur papier, 50 x 30 cm

Le tableau terminé, je me rends compte parfois que j’aurai pu choisir un autre cadrage ou un autre format ou le traiter différemment. Le repentir en peinture donne rarement un bon résultat, C’est plus simple, plus rapide de faire un autre tableau, surtout si on privilégie une facture assez spontanée, une peinture « alla prima ».
La manière de peindre évolue aussi avec le temps et à quelques années d’intervalle, le regard est critique sur ses premières réalisations et on peut souhaiter reprendre un même sujet.

Pour faire un double…

Lorsque je dois me séparer d’un tableau que j’apprécie, je fais un deuxième exemplaire… Je ne refais pas vraiment le même tableau, ce n’est pas possible et souvent je le peins dans un format plus petit. Dans le cas de la Fontaine Médicis j’ai trouvé la deuxième version meilleure, ce n’est pas un cas général.

Fontaine Médicis, jardin du Luxembourg, huile 20F (73 x 60 cm) 2014

Pour profiter de la richesse du sujet…

Jardin du Luxembourg, plein été, huile 15 F 65 x 54 cm

Il faut du temps pour bien connaître un lieu, et certains sujets se révèlent assez riches pour permettre de multiples approches.

Comment peindre l’eau?

Avril 2020

L’Indre en aval du bief de la forge de Clavières, huile 52 x 35 cm

Être très attentif et comprendre ce que l’on voit

Rien n’est plus simple que l’eau mais quand on veut la représenter, on peut s’y perdre. Elle paraît confuse, instable, de couleur indéterminée et changeante…Lorsqu’on peint sur le motif une eau mouvante, eau vive d’une rivière ou mer agitée, il s’agit aussi de traduire le mouvement incessant mais heureusement répétitif des vagues et les reflets.
Pour la peindre, j’essaye de l’observer avec beaucoup d’attention et de distinguer les différents phénomènes qui participent à lui donner son aspect.
Plusieurs choses se combinent:
– La couleur intrinsèque de l’eau, elle peut être jaunâtre ou verte…
– Le fond de l’eau peut être visible lorsque l’eau est peu profonde et transparente.
– Les reflets dans l’eau des objets qui sont sur la berge et du paysage environnant,
– Les ombres sur la surface de l’eau générées par les objets qui entourent (c’est différent des reflets)
– La couleur générale de la lumière en relation avec la couleur du ciel et la position du soleil,
– Enfin les mouvements de l’eau en surface qui résultent de l’écoulement, des vagues ou du vent.

Suivant les cas tel ou tel phénomène sera prépondérant. Quoiqu’il en soit, la compréhension de ce que l’on voit, facilite la représentation et permet de travailler avec plus d’assurance.

Différencier les reflets et les ombres

Gave d’Oloron, huile 25P (81 x 60 cm) 2013

Cette peinture du Gave d’Oloron est là pour illustrer la différence entre les reflets et les ombres. La différence est bien visible car avec le soleil rasant du matin, les ombres foncées sont projetées sur la rivière, (la position de l’ombre est indépendante de la position du peintre). Les reflets des arbres, de la berge et du ciel (qui par contre dépendent de la position choisie par le peintre), changent de tonalité lorsqu’ils traversent une zone à l’ombre ou ensoleillée. De plus leurs orientations sont différentes.

Savoir dessiner les reflets

Château de Clavières Indre peinture à l'huile PBenet
Château de Clavières vu depuis la berge de l’Indre, huile sur panneau 8F (46 x 38 cm) 2016

Si l’eau est calme, sa surface peut se comporter comme un véritable miroir et refléter précisément les objets alentour. Pour représenter les reflets, les règles de la perspective s’appliquent et aident au dessin. L’erreur est de représenter l’image inversée de l’objet qui le crée. La plupart du temps le reflet est différent de l’objet reflété (par exemple pour un pont on voit le dessus du parapet et le reflet nous montre le dessous des arches)
La règle de base pour trouver le reflet d’un point dans l’eau est simple: tracer la verticale de ce point jusqu’à l’intersection avec la surface de l’eau et le reflet se trouve sous cette intersection à la même distance sur cette verticale.
Pour les objets qui sont sur la rive mais un peu éloignés du bord de l’eau, il faut pratiquement visualiser la « ligne de flottaison » de l’objet , c’est à dire le plan où se situerait la surface (virtuelle) de l’eau au niveau de cet objet; à partir de là le dessin du reflet peut se faire plus précisément. Ce ne sera souvent qu’une partie de l’objet qui se reflétera. Notons qu’une ligne parallèle au sol est parallèle à son reflet et a donc le même point de fuite situé sur la ligne d’horizon.

Le ciel se reflète aussi

Étang dans le Berry, huile sur panneau 15 P 65 x 50 cm

L’eau reflète bien sûr le ciel et reflétera du bleu si le ciel est bleu, ou des nuages … dans une tonalité plus soutenue pour les parties proches et plus légère pour les parties éloignées.

S’amuser et garder de la fluidité

Jardin à Kyoto, huile 12 F (61 x 50 cm)

Lorsqu’on peint de l’eau, on peut aussi être imprécis, ou approximatif sans que cela ne choque. Souvent nous représentons le reflet d’un objet qui ne figure pas, ou alors partiellement, ou sous un autre angle dans le cadre du tableau. De plus les mouvements de l’eau fractionnent les reflets et les déforment, créent des vaguelettes et des scintillements. Enfin les nénuphars et tout ce qui flotte sur l’eau complexifie l’image.

Tout cela autorise des approximations dans le dessin, c’est l’impression d’ensemble qui compte et qu’il faut réussir, et pour cela ne pas hésiter à simplifier, éviter la surcharge et les détails de l’effet « photo » et garder de la fluidité!

Les hauteurs de Belleville, la perspective

Mars 2020

Parc de Belleville, huile 15P (65 x 50 cm) PBenet
Parc de Belleville, huile sur toile 15P (65 x 50 cm) 2015

Instinctivement mon regard se porte sur la ligne d’horizon

J’ai tendance à considérer les lointains comme un centre d’intérêt important dans un paysage et je cherche souvent des vues avec des perspectives dégagées permises par du relief ou alors par des étendues d’eau, la mer, un fleuve…

Jardin de Belleville huile sur toile sur châssis 15P (65 x 50 cm)

La perspective dans le dessin et dans les couleurs

La perspective en matière de couleurs, autrement dit la perspective atmosphérique, c’est la perte de chromaticité pour les objets éloignés (baisse de contraste et couleurs grisées), la perte de netteté qui en découle et la fuite vers le bleu (les objets éloignés sont colorés en bleu)

La perspective en matière de dessin c’est l’ensemble des règles concernant les points de fuite, les parallèles, l’appréciation des distances etc…, que je ne vais pas présenter ici. Il faut les connaitre et les appliquer sinon la représentation sera maladroite. Mais il faut le faire à main levée si possible pour éviter la rigidité géométrique.
Voici une vue des hauteurs de Belleville dans les années 50-60. Cette zone a été aménagée pour établir le parc et les jardins de Belleville représentés sur les 2 tableaux précédents.

Rue Vilin, Belleville, huile 10F (55 x 46 cm) 2018