Créer un tableau à partir de photos noir et blanc

Rue de Belleville, inspirée d’une photo noir et blanc, huile 10 F (55 x 46 cm).

Voilà une journée ensoleillée dans le Paris populaire de la fin des années 50.
Lors des débuts de la photographie, plusieurs peintres se sont aidés de cette technique alors nouvelle, pour leurs tableaux. Evidemment les clichés étaient en noir et blanc.

Format et composition

Partir d’une photo facilite la composition. L’image est déjà en deux dimensions et il est facile d’ajuster le cadrage pour l’adapter au format de la toile et pour choisir la composition. De même on peut s’interroger plus facilement sur les détails que l’on ne souhaite pas représenter ou qui seront à modifier, comme on le ferait aussi pour une peinture sur le motif.

Dessin

L’image est immobile ce qui facilite le dessin et le positionnement des personnages, surtout s’ils sont en mouvement. (Pour l’anecdote, on ne savait pas vraiment avant l’arrivée de la photo comment représenter en dessin le pattes d’un cheval au galop)

Valeurs

La photo noir et blanc donne une représentation directe des valeurs. Il faut essayer de garder dans le tableau l’échelle relative de ces valeurs , car c’est cela qui contribue à l’ambiance, à la lisibilité et à l’homogénéité de la peinture. Par contre, comme pour une photo en couleur d’ailleurs, il convient de se méfier des zones très claires et des zones très sombres, le contraste peut être trop fort dans la photo par rapport à la réalité. Les blancs et les noirs peuvent cacher des gris et des détails qui n’ont pas été saisis par la photo.

Perspective

La perspective est toujours à vérifier lorsqu’on part d’une photo. En particulier les verticales des bâtiments situés aux bords de la photo sont perdues et il convient d’y remédier lors du dessin. Dans les photos anciennes, la focale correspondait le plus souvent à la vision humaine. Dans des photos récentes il est possible d’avoir des photos prises avec un zoom et cela écrase et supprime même la perspective, il vaut mieux éviter totalement ces photos pour une réalisation de tableau.

Couleurs

L’information manque quand on part d’une photo noir et blanc et les couleurs sont à inventer. On peut même s’interroger, sur cette photo est-ce une ligne d’arbre sur l’horizon ou des bâtiments, peut-être un pont?
Le peintre a la liberté de mettre les couleurs qui lui conviennent et c’est l’expérience qui joue, en se rappelant les couleurs de tableaux précédemment peints sur le motif, en regardant des tableaux peints par d’autres peintres, en imaginant où est le soleil, et donc en situant les couleurs froides et chaudes.
Au final, on juge si le tableau est homogène et au besoin on reprend certaines couleurs pour améliorer la cohérence de l’ensemble.
Ci-dessous une autre ambiance, on est à Paris, par une froide journée, pendant l’occupation

Boulevard Poissonnière à Paris, 1943 (d’après une photo noir et blanc de Roger Parry) huile 10F (55 x 46 cm).

 À  Joinville le Pont …

Joinville le Pont, la Marne et l’île Fanac d’après une photo ancienne de 1927 en noir et blanc
huile 12F (61 x 50 cm)

BONNE ANNEE 2025 ! et en clin d’œil un paysage qui date de presque un siècle !
Certaines photos anciennes véhiculent une ambiance caractéristique de leur époque, ici ce sont les bords de Marne avec les guinguettes, le canotage et la pêche à la ligne. C’est un plaisir de s’inspirer de cette photo pour réaliser un tableau à l’huile.

La fontaine des quatre parties du Monde et ses chevaux marins

Fontaine des quatre parties du Monde huile, 12P (61 x 46 cm)

J’ai représenté la fontaine au début de l’automne. Des tortues et des poissons crachent de l’eau et arrosent de grands et superbes chevaux marins. Au centre quatre femmes représentant l’Afrique, l’Amérique, l’Asie et l’Europe supportent un globe terrestre. Ces sculptures de bronze ont été réalisées par plusieurs artistes dont Jean-Baptiste Carpeaux.
Cette belle fontaine date des années 1870 et se situe près de l’Observatoire de Paris, on la désigne plus prosaïquement comme la fontaine de l’Observatoire.

Fin de journée, jardin de l’observatoire , huile 15 F (65 x 54)