Les hauteurs de Belleville, la perspective

Mars 2020

Parc de Belleville, huile 15P (65 x 50 cm) PBenet
Parc de Belleville, huile sur toile 15P (65 x 50 cm) 2015

Instinctivement mon regard se porte sur la ligne d’horizon

J’ai tendance à considérer les lointains comme un centre d’intérêt important dans un paysage et je cherche souvent des vues avec des perspectives dégagées permises par du relief ou alors par des étendues d’eau, la mer, un fleuve…

Jardin de Belleville huile sur toile sur châssis 15P (65 x 50 cm)

La perspective dans le dessin et dans les couleurs

La perspective en matière de couleurs, autrement dit la perspective atmosphérique, c’est la perte de chromaticité pour les objets éloignés (baisse de contraste et couleurs grisées), la perte de netteté qui en découle et la fuite vers le bleu (les objets éloignés sont colorés en bleu)

La perspective en matière de dessin c’est l’ensemble des règles concernant les points de fuite, les parallèles, l’appréciation des distances etc…, que je ne vais pas présenter ici. Il faut les connaitre et les appliquer sinon la représentation sera maladroite. Mais il faut le faire à main levée si possible pour éviter la rigidité géométrique.
Voici une vue des hauteurs de Belleville dans les années 50-60. Cette zone a été aménagée pour établir le parc et les jardins de Belleville représentés sur les 2 tableaux précédents.

Rue Vilin, Belleville, huile 10F (55 x 46 cm) 2018

Retour à Montmartre, Paysages

Février 2020

Place des Abbesses , huile 10P (55 x 38 cm)

Que voir? Que peindre dans un paysage ?

La peinture de paysage, conduit à un état d’esprit permanent, une manière de regarder et d’être attentif à ce qui nous entoure. Que peindre? Sûrement pas tout ce qu’on voit, ce serait vain, fastidieux à réaliser, ennuyeux à regarder! Quel est le sens,.. Qu’est ce qui nous attire et nous motive pour peindre ce paysage là ? La réponse est importante pour la manière dont on va le peindre…

Rue Lepic à Montmartre, huile sur toile sur châssis, 8F (46 x 38 cm)

L’idéal du paysage intemporel

Enfant, j’ai habité Montmartre dans les années 50-60, nos déambulations se situaient autour de la rue Lepic, avec en haut la place des Abbesses et en bas la place Blanche. J’aime y repasser de temps à autre… J’aime aussi peindre des vues de ce quartier.
Finalement pour ce qui concerne l’architecture, les rues et les bâtiments, ce quartier n’a pas tellement changé.
L’ambiance est bien sûr différente, autrefois la rue Lepic ressemblait à un marché, avec de la foule, un coté de la rue était occupé par les marchandes des quatre saisons avec leurs charrettes et les magasins le long de la rue étaient des boucheries, des poissonneries, des boulangeries pâtisseries, des charcuteries, des cafés … Aujourd’hui si on trouve encore plusieurs magasins d’alimentation, il y a aussi des boutiques de téléphonie, d’habits … et l’aspect général est plus touristique et moins populaire. L’équipement urbain également révèle bien l’époque actuelle, avec les poteaux anti-stationnement le long des trottoirs.

Place Blanche et Moulin Rouge, huile, 20P (73 x 54 cm) 2018

La vie immobile du tableau

Dans la peinture d’un paysage, j’essaie d’éviter tout ce que je trouve anecdotique et daté et je recherche la possibilité d’une permanence. Oui le temps passe et les choses changent et le tableau est immobile, mais il faut qu’il vive. Il faut pouvoir le regarder longtemps, ne pas s’en lasser, au contraire s’y habituer, s’y plaire.
Quand on peint un paysage sur le motif, on y passe plusieurs heures, le soleil tourne, les ombres se déplacent, des nuages passent, les reflets dans l’eau changent du tout au tout, des promeneurs vont et viennent, des voitures aussi.. et de tout cela nous en saisissons les meilleurs instants pour en faire une représentation qui nous plait, j’essaie d’opérer de manière similaire sur plusieurs années.

La peinture de portraits

Janvier 2020

8F 46 x 38 cm

La ressemblance, piège et exigence

Ces derniers temps, j’ai réalisé des portraits à l’huile.
La peinture est un art d’expression. Comme dans le cas d’un paysage ou d’une nature morte, dans un portrait aussi la représentation exacte est insuffisante pour que le tableau soit réussi; il faut en plus que le tableau par lui-même soit picturalement intéressant .

L’exigence de ressembler au modèle, à la réalité, est cependant beaucoup plus importante dans un portrait que dans un paysage ou une nature morte. On veut reconnaître la personne dans le tableau que l’on regarde.
C’est dans cette double exigence d’interprétation (c’est à dire de qualité picturale) et de ressemblance que se trouve selon moi, la difficulté spécifique du portrait.

Partir d’une photo ou d’un modèle vivant?

Partir d’un modèle vivant est très intéressant mais encore faut-il qu’un modèle soit disponible pour poser. L’autoportrait permet cet exercice, j’ai aussi fait quelques portraits rapides à l’huile lors d’ateliers modèle vivant.

Actuellement je réalise des portraits plutôt à partir de photos que je prends. Cela évite la séance de pose. Le portrait d’après photo est quasiment obligatoire pour peindre des enfants car ils ne tiennent pas en place plus de 5 à 10 minutes, temps suffisant pour un dessin mais pas pour une peinture.

5F 35 x 27 cm

Voici quelques remarques pratiques:

  • J’essaie toujours de représenter le visage à la dimension réelle ou un peu plus petit. Je trouve que faire un portrait plus grand (par exemple +20% ) donne un effet un peu monstrueux.
  • J »utilise un tirage de photo suffisamment grand, presque à la dimension du portrait tel qu’il sera peint.
  • Pour la mise en place des grandes lignes, soit je brosse les contours du visage avec un petit pinceau et de la terre d’ombre, (comme je le pratique pour un paysage ou une nature morte), soit je réalise un dessin succinct préalable au crayon de couleur (rouge) sur la toile avant de peindre.
  • Pour les enfants, j’essaie également des représentations en pied, et pas seulement un portrait du visage, pour mieux saisir les attitudes.
8 F 46 x 38 cm

Bonne Fête de Noël à tous!
Et vive 2020!